Solitude by Ambre
On peut facilement simuler le désintérêt, dire que peu importe si on a raté une chose de plus, que même si rien n'est vraiment tel qu'on le voulait ce n'est pas grave.
Se mentir à soi même est si aisé.
Et, en même temps, pas tant que ça.
Parce qu'au fond on sait bien, on a même intimement conscience qu'on est en train de s'anesthésier, de se transformer en bouteille à la mer.
Une bouteille à la mer, ce n'est jamais qu'un contenant physique et vulgaire qui renferme et protège fragilement les espoirs d'une personne et qui dérive sans aucune certitude d'être un jour découvert, menaçant à tout moment de disparaître, écrasé sur de quelconques récifs.
Et un jour, le trou noir. Il naît en toi et se nourrit de tous tes espoirs sans jamais être comblé, appelant de toute sa force de gravité de nouveaux vivres qui ne constitueront qu'un combustible pour lui. vivres, c'est bien le mot, tant il vide de toute volonté de vivre, t'imposant des questions délétères à base de "à quoi bon" sans réponse.
Frustration et insatisfaction pousse à la compensation et ,en développant un appétit d'addictions comme pour relancer l'appétit de vivre, entraîne une dépendance et la fin de l'autosuffisance, chimère vaine.
addictions à autrui et négation du soi, addictions à la nourriture, l'alcool et la drogue et négation du corps.
Et on retourne au point de départ à cela près qu'on ne se ment plus à soi même, on se nie soi-même.
D'aucuns appellent ce phénomène mûrir et le définissent comme le passage à l'âge adulte. Grandir serait accepter la frustration et son propre changement.
Si c'est le cas, la plupart des personnes ne grandissent jamais et ces vieilles qui vivent une vie sentimentale par procuration en lisant du Danielle Steel n'en sont jamais qu'une preuve éclatante. On n'accepte jamais totalement de perdre ses illusions, à 20 ou à 70 ans. Ceux qui les perdent se perdent eux même.